Nous avons le plaisir de recevoir Christel Carol, préparatrice en pharmacie à Foix (09) et porte-parole de l’ANPPO, sur le blog de Team Officine. Elle nous explique les objectifs et missions de l’ANPPO et nous en dit plus sur le métier de préparateur(rice) en pharmacie et les conséquences de la crise sanitaire sur le métier.

Les préparateurs et préparatrices souffrent depuis longtemps d’un manque de reconnaissance. La crise sanitaire a exacerbé ce ressenti car ils ont été les oubliés de la crise : jamais cités par les pouvoirs publics, pas prévus dans les dotations de masques et garde d’enfants…

Merci à elle d’avoir répondu à nos questions !

Qu’est-ce que l’ANPPO ?

L’ANPPO est l’Association Nationale des Préparateurs en Pharmacie d’Officine. C’est une association ouverte à tous et toutes : préparateur(rice)s en pharmacie, employé(e)s de pharmacie, professionnel(e)s de soin, grand public. Nous ne sommes ni un syndicat ni une amicale.


Comment est venue l’idée de cette association ?

Cela fait longtemps que cette idée est née : M. Beguin et Mme julien y pensent depuis quelques années. Mais avec la crise sanitaire tout s’est accéléré et c’est grâce à cette crise que j’ai rencontré ces personnes.


Quels sont les objectifs de l’association et à quoi répond-elle ?

  • Mener des concertations en région pour recueillir les propositions des préparateurs
  • Faire connaitre le préparateur comme un professionnel de santé
  • Faire connaitre le métier de préparateur au grand public -Participer à des actions de santé publique
  • Etablir un annuaire de la profession
  • Etablir une charte déontologique de bonnes pratiques du métier
  • Assurer un tutorat pour les apprenants au CFA


Quelles sont les actions mises en place par l’association depuis sa création ?

  • Rédaction d’ un livre blanc grâce à une enquête mise en ligne et relayée en région par nos ambassadeurs. Cela va nous permettre de faire un bilan à l’instant T de la profession, un état des lieux de la profession.
  • Mettre en place un dispositif pour les volontaires pour faire des tests antigéniques auprès des Ehpads et autres établissements.
  • Faire enregistrer le diplôme du préparateur pour que celui ci soit reconnu professionnel de santé et obtienne ainsi une carte de professionnel de santé.

Quelles sont les difficultés rencontrées par le monde de l’officine actuellement selon vous ?

La pharmacie est en évolution perpétuelle, si bien que le métier de pharmacien s’en trouve également changé. Le métier de préparateur(rice) en pharmacie étant étroitement lié à celui du / de la pharmacien(ne), il évolue aussi constamment.

Aujourd’hui, l’économie de la pharmacie devient plus fragile et il faut être réactif et s’adapter à tous ces changements.


Quelles sont les difficultés rencontrées par les préparateurs et préparatrices en pharmacie au quotidien ?

Les préparateurs et préparatrices souffrent depuis longtemps d’un manque de reconnaissance. Ils ne savent plus comment se positionner ni se situer.

La crise sanitaire a exacerbé ce ressenti car ils ont été les oubliés de la crise : jamais cités par les pouvoirs publics, pas prévus dans les dotations de masques et garde d’enfants… Ils aimeraient être reconnus comme des professionnel(le)s de santé à part entière et avoir leur carte de santé professionnelle. Il y a deux métiers en pharmacie, celui de préparateur et celui de pharmacien mais l’un évolue dans la lumière et l’autre dans l’ombre.

Ces deux métiers forment l’équipe officinale et les préparateurs aimeraient aujourd’hui que ces deux métiers évoluent ensemble côte à côte.


Quels sont les atouts du métier ?

C’est un métier passionnant, nous sommes au plus près des patient(e)s.

Il y a une prise en charge globale de la personne et grâce à cela il y a une réelle confiance qui s’établit. Il y a beaucoup de souffrance aujourd’hui qui est induite par cette crise sanitaire et nous avons notre rôle à jouer : il me semble que c’est très important de le faire.

La crise sanitaire a-t-elle un impact sur le métier de préparateur ?

Cette crise a exacerbé des problématiques qui existaient déjà comme le manque de reconnaissance. Cependant nous avons dès maintenant notre rôle de santé publique à jouer puisque pour la première fois nous faisons partie d’un dispositif de santé publique : les tests antigéniques.


Comment pallier au manque de préparateurs depuis quelques années selon vous ?

Pour pallier au manque de préparateur(rice)s, il va falloir délimiter les missions du préparateur(rice), encadrer cette profession qui a beaucoup évolué et totalement changé.

Il va falloir repenser les études du préparateur(rice) qui ne sont plus en adéquation avec la réalité et le comptoir. C’est ce que se propose de faire l’ANPPO et c’est un vaste chantier. Mais faire connaitre cette profession et l’encadrer pour la rendre attractive et imaginer une charte déontologique de bonnes pratiques permettront au préparateur(rice) en pharmacie de savoir réellement dans quoi il s’engage et quelle est sa place.

Les derniers statuts de ce métier datent de 1946, autant vous dire que depuis le métier n’est plus le même. Obtenir la carte de santé professionnelle grâce à l’enregistrement de notre diplôme est très important pour rendre cette profession attractive, il est primordial que le préparateur soit reconnu professionnel de santé.

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