Nous avons le plaisir d’inaugurer une nouvelle rubrique sur le blog : portraits de pharmacien·ne !
Pourquoi des portraits de pharmacien·ne ? Tout simplement car derrière une officine, il y a un·e titulaire et une équipe dont la vision et le parcours méritent d’être valorisés et détaillés au plus grand nombre !

Nous avons donc voulu mettre en avant les titulaires, leur parcours, leur vision de la pharmacie, leurs difficultés et ce qui les motivent au quotidien !

Rassurez-vous, nous ferons également toute la place à des portraits de préparateur·rice·s, de rayonnistes, et de tou·te·s celles et ceux qui oeuvrent dans les officines au quotidien et mettent leurs compétences au service des patient·e·s !

Nous espérons que ces portraits vous plairont et n’hésitez pas à nous contacter si vous désirez répondre à nos questions 🙂

Nous avons le plaisir d’accueillir Isabelle Chopineau, de la pharmacie Chopineau à Vailly sur Sauldre. Une titulaire très investie sur son territoire et au service des patient·e·s, qui peine à recruter un·e adjoint·e pour son officine en raison de sa localisation, en milieu rural. Si ce portrait vous plaît et que travailler aux côtés d’Isabelle Chopineau vous intéresse, n’hésitez pas à postuler à cette offre d’emploi en pharmacie sur Team Officine !

Présentez vous et présentez les spécificités de votre officine

Pharmacienne titulaire depuis 18 ans dans une officine de campagne dans le Cher. J’exerce à Vailly sur Sauldre, village situé au nord est du département du Cher, près du Loiret et de la Nièvre. Vailly sur Sauldre est une commune de 700 habitants mais la zone de chalandise de l’officine est de 3600 habitants environ.
Nous sommes à la fois près de tout et loin de rien. Bourges est à 45 minutes en voiture et Paris intra muros à 1h45 environ. L’autoroute A77 est à proximité ainsi que le train en liaison directe avec Paris à 1h30.
Les activités sportives sont très présentes : golf ( 5 à proximité), voile, ski nautique l’été, tennis, piscine …
Collèges et Lycées sont à moins de 30 minutes.
J’exerce dans un contexte médical appréciable puisqu’il y a 3 médecins, 1 dentiste, 5 kinésithérapeutes, 5 infirmières , 1 vétérinaire, 1 pédicure podologue. Nous travaillons tous en collaboration dans l’intérêt du patient.

Sur la commune se trouve également un foyer logement de 50 résidents pour lesquelles nous faisons de la PDA.
Je suis titualire d’un DU d’orthopédie et un DU de maintien à domicile.
La patientèle est composée en grande partie de personnes âgées qui requièrent attention et prévention.

Compte tenu de notre situation géographique, l’officine se doit de répondre aux patient·e ·s dans tous les domaines de spécificités de la pharmacie d’officine.

Je suis pour ma part impliquée dans notre profession puisque je suis Vice Présidente du CROP (Conseil Régional de l’Ordre des Pharmaciens) Centre-Val de Loire .
Afin de mettre à profit mon diplôme différemment je suis également impliquée dans l’humanitaire puisque membre du Conseil d’Administration de PHI BERRY et PHI FRANCE.
Titualire d’un DESS de Toxicologie de l’environnement et d’un DU de Pharmacien Sapeur pompier , je suis également Pharmacien Sapeur Pompier volontaire, Lieutenant Colonnel et Pharmacien chef du SDIS 18.

Quelle est votre vision du métier de pharmacien aujourd’hui ? Quel est son rôle pour vous ?

La pharmacie d’officine est aujourd’hui en pleine mutation. Elle est un acteur de santé à part entière tant dans son rôle de prévention que de conseils .
Nous avons un rôle important vis à vis de la santé de nos patients. Nous sommes écouté·e·s et accessibles : pas besoin de prendre rendez vous il suffit de pousser la porte de l’officine.

Comment percevez-vous la pharmacie de demain ? Comment voudriez-vous qu’elle évolue ?

La pharmacie de demain sera tournée vers le numérique sans aucun doute mais nous devons garder à l’esprit que rien ne remplace le contact humain et le dialogue.

Quelles sont vos difficultés au quotidien ?

Ma difficulté du moment : le recrutement.

Comment effectuez-vous vos recrutements et sur quels critères ?

Les recrutements sont difficiles à la campagne voire impossibles . Les candidat·e·s peu nombreux·ses : la campagne fait peur ! On a peur de l’ennui, de la solitude …

Mais à la campagne on trouve ce que l’on a envie d’y trouver : rien évidemment si l’on part avec un à priori. La rémunération n’est pas négligeable.

Le contact avec les patient·e·s est privilégié. J’y trouve pour ma part une valorisation et une reconnaissance pleine et entière de mon diplôme.

Mais pour recruter il faut qu’il y ait des candidat·e·s : à l’heure actuelle je recherche un·e adjoint·e, et malheureusement, personne ne postule.

Comment arrivez vous à fédérer votre équipe au quotidien ?

Nous travaillons dans une ambiance familiale voire conviviale. Je veux que mon équipe soit heureuse de venir travailler dans mon officine. Mes 3 préparatrices sont extraordinaires (elles me l’ont démontré dans cette période de pandémie) , elles sont des collaboratrices hors pair. L’officine ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui sans elles; aussi je sais les remercier à leur juste valeur !

On parle beaucoup de la e-santé en ce moment (téléconsultation entre autres), quelle est votre vision de la santé appliquée au numérique ?

Concernant l’e-santé je pense que c’est une piste, et je dis bien une des pistes, pour palier à la désertification médicale.
Le contact humain reste pour moi toujours à privilégier.

Cependant face à la désertification médicale il faut trouver des solutions. Tout comme les pharmacien·ne·s, la campagne n’attire pas les médecins (peur d’exercer seul alors qu’à l’université c’est un travail en équipe qui est prôné, peur de journées surchargées, peur de l’isolement social, frein du conjoint…) et pourtant !

L’e-santé peut être aussi un moyen de travail en équipe pluri-disciplinaire pour les médecins : pour un avis d’un spécialiste comme un dermatologue, l’e-santé apporte une réponse.

Dans mon officine, elle pourrait rendre service le week-end quand le médecin de garde est loin de l’officine ou lorsqu’un patient vient pour une pathologie nécessitant un avis médical lorsque tous les cabinets sont fermés, ce qui peut parfois arriver.
Nous avons la chance d’avoir des médecins à disposition mais j’y pense tout de même pour un avenir un peu lointain mais qui peut arriver vite.

Quel est le retour d’expérience que vous faites du COVID-19 et quel est l’impact sur la pharmacie selon vous ?

Le travail a été rude à l’officine face à une population stressée, inquiète et parfois difficilement gérable.
Nous avons beaucoup de résidences secondaires de famille qui sont toutes occupées .
La patientèle est donc beaucoup plus importante .

Quelques patient·e·s (trop peu à mon goût ) nous ont remerciées d’être là.

D’un point de vue personnel, je suis amenée à réfléchir sur l’aménagement de mon officine : protection du personnel et distanciation sociale sont à revoir à l’avenir.
Nous avons montré toutes ensemble, mon équipe et moi, que nous savions gérer cette situation de crise, nous avons été amenées à travailler différemment mais soudées, plus que jamais.

Face à cette crise la pharmacie d’officine a su répondre présente.