Troisième portrait de professionnel.le.s de l’officine, nous sommes ravis de donner la parole à une préparatrice en pharmacie qui nous fait découvrir son parcours et sa vision du métier : Olivia Desille, préparatrice à la pharmacie de la Tortière à Nantes.

« Nous sommes chacun.e une pièce du puzzle du bon fonctionnement de l’officine. »

Merci infiniment à Olivia Desille d’avoir pris le temps de répondre à nos questions, nous vous recommandons chaudement de lire ses réponses complètes et détaillées qui permettent d’avoir une vision globale du métier de préparateur.rice en pharmacie, de ses atouts, ses difficultés et de sa place importante au sein de l’officine !

Pour rappel, n’hésitez pas à consulter toutes nos offres d’emploi en pharmacie disponibles sur notre plateforme de recrutement en pharmacie Team Officine et contactez-nous pour toute question complémentaire 🙂

Pour en savoir plus sur le métier de préparateur.rice en pharmacie, consultez notre fiche métier !

Bonne lecture !

Présentez vous ainsi que l’officine où vous travaillez

Je m’appelle Olivia Desille, j’ai 37 ans, je suis préparatrice en pharmacie diplômée depuis 2005 de l’IFPS Côte d’Azur à Saint Laurent du Var dans les Alpes Maritimes.

Travailler en pharmacie était pour moi une vocation, une envie de petite fille. En grandissant ce désir ne s’est jamais altéré. Avec mon baccalauréat scientifique en poche je suis allée en faculté de pharmacie à Paris mais le concours a eu raison de moi deux fois. C’est en faculté de sciences que j’ai appris l’existence de mon métier et j’ai alors décidé de suivre cette voie.

Actuellement et ce depuis presque 10 ans, je travaille à la Pharmacie de la Tortière à Nantes, une officine de taille moyenne avec 6 salariés.

Quelle est votre vision du métier de préparateur.rice en pharmacie aujourd’hui ?

Les préparateur.rice.s ont vraiment un rôle à jouer au sein de l’officine. Certes, notre formation n’est pas aussi poussée que celle des pharmaciens mais justement cette différence et surtout l’affinité que l’on peut porter à certains pôles de l’officine nous permettent de mettre en avant nos talents. Dans un domaine comme la dermo-cosmétique, par exemple, la différence de formation initiale ne change rien à notre capacité à bien conseiller, c’est notre intérêt porté qui nous permet d’être compétent.

Quel est son rôle pour vous ?

Au-delà de la plus grande responsabilité qui incombe au / à la pharmacien.ne, chaque salarié.e de l’officine a le même rôle au comptoir : être à l’écoute de nos patients pour mieux les conseiller et entretenir la confiance qu’ils ont en nous pour les soigner et les accompagner.

Qu’est-ce qui vous plaît dans votre travail ?

La relation soignant.e-patient.e, c’est d’ailleurs la base de notre métier. Si l’on n’aime pas ce contact avec les patient.e.s alors il est difficile de bien faire ce métier. Pour moi la meilleure récompense dans ce métier est de voir revenir un.e patient.e et de l’entendre dire qu’il / elle a été bien conseillé.e ou orienté.e.

Quels sont les atouts d’un.e bon.ne préparateur.rice en pharmacie selon vous ?

La patience, l’empathie, l’écoute (être à l’écoute des patient.e.s mais également de nos collègues au comptoir, il y a toujours de nouveaux conseils ou astuces à apprendre grâce à nos échanges). Mais aussi la remise en question, on ne cesse jamais d’apprendre, en formation ou auprès des autres. Il est important d’entretenir ses connaissances et pour ça nous avons par exemple soit le DPC (développement professionnel continu) soit des formations de laboratoires à l’officine ou à l’extérieur.

Il est également important de savoir que même si nous sommes aussi un commerce, l’essentiel n’est pas de vendre à tout prix mais de faire en sorte que les patient.e.s reviennent, la clé pour une vraie relation de confiance.

Quelles sont les difficultés au quotidien ?

Les difficultés sont de deux types :

– Avec les patient.e.s tout d’abord qui pensent malheureusement souvent que tout leur est dû.
Parfois ils peuvent également avoir un manque de confiance vis-à-vis des préparateurs.rices et préfèrent avoir à faire au / à la pharmacien.ne.
Les patients ont aussi peu conscience du vrai rôle que nous avons à l’officine, ils oublient que nous sommes le dernier maillon de la chaîne avant qu’ils prennent leur traitement, que nous sommes responsables de ce que nous leur délivrons et des conseils que nous pouvons y associer.

– Difficultés en interne à l’officine mais qui ne sont pas forcement dûes au statut de préparateur.rice mais au management du ou des titulaires. Nos titulaires sont peu ou pas formés au cours de leurs études sur la façon de gérer du personnel et cela peut parfois avoir des conséquences sur le bon fonctionnement de l’officine. La non-responsabilisation des équipes par le titulaire peut aussi être une des difficultés de notre métier car il est alors difficile d’évoluer et donc de s’épanouir si l’on ne nous donne pas les moyens de le faire.

Si vous êtes diplômé.e depuis plusieurs années, avez-vous perçu une évolution dans la pratique de votre métier ?

Par rapport à l’intitulé de notre profession, il y a eu une évolution car les préparations sont devenues quasi inexistantes dans la plupart des officines. Nous avons donc pris une place plus importante au comptoir aux côtés des pharmacien.ne.s.

Malheureusement malgré cela les préparateur.rice.s sont très peu impliqué.e.s dans les nouvelles réformes dans la prise en charge des patient.e.s. Que ce soit les entretiens pharmaceutiques, les tests TROD ou les vaccinations, seuls les pharmacien.ne.s sont formé.e.s et habilité.e.s à les effectuer. Je ne pense pas que tou.te.s les préparateur.rice.s désirent être impliqués au sein de l’officine mais il me paraît pertinent qu’on puisse nous donner le choix !

Que pensez-vous de votre formation et de la pratique au quotidien de votre métier ?

Bien que notre métier ne soit toujours pas reconnu comme BAC +2, le fait que la formation ne soit désormais accessible qu’avec un baccalauréat est une bonne chose pour nous, surtout pour mieux faire valoir nos droits et nos compétences.
En ce qui concerne le contenu et ce même s’il était étoffé davantage, rien ne vaut l’apprentissage sur le terrain. Après toutes ces années j’en apprends encore chaque jour. Pour ce qui est de la pratique, notre maître d’apprentissage d’abord puis nos titulaires par la suite sont la clé pour que la pratique de notre métier se passe au mieux. Les formations complémentaires ne peuvent qu’être bénéfiques pour la bonne pratique de notre métier mais la confiance et la responsabilité que nous donnent nos chefs sont la clé.

Comment imaginez-vous votre métier dans quelques années ?

Difficile de savoir ce que nous deviendrons dans quelques années, la sauvegarde de notre système de santé est peut-être la clé pour que nous puissions continuer à exercer de la même manière notre métier au côté des patient.e.s. Je souhaiterais néanmoins que les préparateur.rice.s puissent être reconnu.e.s à leur juste valeur aussi bien par le système que par les titulaires qui les emploient.
Mais aussi à nous de ne pas nous sous-estimer et même si nous avons des formations et responsabilités différentes, nous sommes chacun.e une pièce du puzzle du bon fonctionnement de l’officine.