Le 25 janvier 2022, Nous avons eu le plaisir de recevoir Christophe Magnoux en live sur notre compte Instagram @Monjobenpharma.

Christophe est préparateur en pharmacie de formation mais il est aussi formateur au sein du Centre de Formation Professionnelle de la Pharmacie Paris Ile-de-France (CFPP) et social média manager. Aujourd’hui, nous échangeons sur la réforme des études du brevet professionnel préparateur en pharmacie.

C’est parti !

Christophe, peux-tu nous en dire un peu plus sur toi et ton métier ?

Oui, je suis préparateur en pharmacie depuis un certain temps. J’ai exercé en officine en tant que préparateur mais aussi en tant qu’orthésiste. Puis un beau jour, j’ai été contacté par le CFPP avec l’opportunité d’enseigner. J’ai donc remis un pied à l’école pour devenir formateur.

La CFPP avait aussi des besoins de communication, je me suis donc formé au social média management pour prendre le rôle de chargé de communication.

Quel est ton rôle au sein du CFPP ?

En tant que formateur, j’enseigne à tous les niveaux : BP première année et deuxième année. Aujourd’hui dans le cadre du Diplôme d’Etudes Universitaires Scientifiques et Techniques (DEUST), j’enseigne les matières de galénique, travaux pratiques, législation, gestion et droit du travail. Une palette assez large.

En tant que social media manager, je suis responsable de la communication, notamment externe. Je porte l’image du CFA sur les réseaux sociaux mais aussi lors d’évènements en présentiel (comme les salons), mon objectif est de :

  • Faire connaître le CFPP, lui donner de la visibilité
  • Promouvoir la formation de préparateur en pharmacie

C’est le nerf de la guerre pour les CFA : attirer de nouveaux jeunes talents.

Actuellement, le BP préparateur en pharmacie d’officine est amené à évoluer, peux-tu nous en dire plus sur le sujet ?

En effet, je siège à la commission paritaire nationale pour l’emploi qui s’occupe entre autres du devenir de la formation de préparateur en pharmacie. Plus récemment, j’ai participé à des groupes de travail organisés par la Direction Générale de l’Offre de Soins (DGOS) sur la réingénierie du métier de préparateur en pharmacie.

(Réingénierie, oui, oui, c’est vraiment le terme employé par la DGOS 😅. C’est-à-dire la réorganisation [ou la refonte] de la formation.)

Concrètement, où en est-on aujourd’hui avec cette réforme ? Que peux-tu nous dire ?

Pour faire un petit état des lieux, le BP souffrait d’un énorme défaut : il était seulement reconnu niveau BAC. Il fallait un bac pour y accéder puis on ressortait avec un niveau bac. Ce n’était pas cohérent ni même attrayant.

D’autant plus que c’était un très vieux diplôme, il avait besoin d’être dépoussiéré.

Le DEUST a donc été mis en place et officiellement reconnu BAC +2. Ça a été l’occasion de rentrer dans une phase d’expérimentation pour voir ce que l’on pouvait apporter de nouveau dans la formation des préparateurs en pharmacie. Et aussi de rentrer dans l’universitarisation : différentes universités sont rentrées dans le DEUST et essaient différentes choses qui tournent autour du DEUST, en 2 ans et en alternance.

C’est pourquoi le DEUST a vu le jour. Il permet aux préparateurs en pharmacie d’obtenir un diplôme reconnu BAC +2. C’est aussi l’occasion d’apporter du nouveau dans la formation. Enfin, il entre dans un système d’universitarisation. Cela ne change rien au déroulement des études qui sont toujours sur 2 ans et en alternance, mais cela signifie que les cours théoriques sont dispensés au CFA et à la fac.

Découvrez en plus sur l’universitarisation en lisant notre article !

L’organisation de l’alternance peut différer d’une faculté à l’autre. À Paris par exemple, 2 jours par semaine se font en cours et 19 h de présence en officine. Les cours sont très majoritairement dispensés au CFA et certains à l’université. Par contre, tous les examens se font à l’université sous forme de partiels.

Certaines universités ne se sont pas lancées en septembre 2021. Mais quasiment toutes le feront en 2022. Ce n’est plus une phase de test, le BP a bien migré vers quelque chose de nouveau : le DEUST.

En ce moment, il y a donc des étudiants qui sont en deuxième année de BP et des alternants qui sont en première année de DEUST. Les deux diplômes cohabitent.

Pour les pharmacies, rien ne va changer en termes d’organisation.

Qu’en est-il des préparateurs et préparatrices en pharmacie déjà diplômés d’un BP ?

Pour le moment, il y a exclusivement des BP sur le marché. On reçoit énormément d’appels, de questions de personnes titulaires du BP qui se demandent comment leur diplôme va-t-il être revalorisé ? Ou encore, comment transformer leur BP en DEUST ?

Aujourd’hui, je n’ai pas la réponse. En tant que CFA, on est très vigilant à cette situation. Beaucoup de signaux montrent qu’il y aura certainement une Validation des Acquis de l’Expérience (VAE) possible pour les préparateurs et préparatrices titulaires du BP. Elle leur permettrait de valider leurs acquis et de pouvoir passer les matières présentes dans le DEUST qui n’étaient pas au programme du BP. Pour l’instant rien n’est officiel. L’université de paris l’évoque déjà sur son site

Mais je le répète, rien n’est officiel.

Je pense qu’il faut attendre que les premiers diplômés du DEUST sortent pour proposer une VAE.

Pourrait-il y avoir une troisième année de spécialisation ?

Ce n’est pas encore en place, ni même décidé. Mais c’était le sujet des derniers groupes de travail. On est à peu près sûr que les préparateurs en pharmacie hospitaliers vont acquérir le grade de licence. En revanche, on ne sait pas comment cela va se faire (licence exclusive en trois ans ou à l’issue du DEUST par exemple), cela va dépendre de la décision du Ministère. Mais ça a toujours été l’idée initiale des instances représentatives de la profession : proposer un diplôme en trois ans avec une sorte de parcours différenciant permettant de devenir soit préparateur spécialisé en hôpital ou en officine.

Pour le moment, on ne sait pas trop comment cela va s’organiser mais c’est l’idée de départ.

Les matières enseignées vont-elles changer ?

Oui !

Comme je le disais plus tôt dans notre échange, le BP avait besoin d’être dépoussiéré et de nouvelles choses devaient être ajoutées. Toute l’organisation du DEUST est différente. Les matières ont été regroupées sous la forme d’Unités d’enseignements (UE).

Beaucoup de choses étaient déjà enseignées en BP : les enseignements scientifiques ne changent pas comme la toxicologie, la chimie…

Certaines unités d’enseignements ont été complétées. Par exemple, dans l’unité d’enseignement 2, les savoirs scientifiques appliqués, où l’on retrouve la pharmacologie déjà enseignée en BP mais on y ajoute des notions de diagnostics, de pronostics qui n’étaient pas présents avant.

Il y a aussi de nouvelles choses, comme l’unité d’enseignement « Pratique professionnelle au quotidien » avec des notions d’assurance qualité de l’officine, de santé publique, avec aussi l’introduction du numérique. Tout cela n’existait pas dans le BP.

C’est pour ces raisons que l’on peut d’ores et déjà dire qu’un BP ne sera pas équivalent à un DEUST et qu’il faudra sûrement passer une VAE.

La mise en place du DEUST est un dépoussiérage, un décloisonnement de la formation de préparateur en pharmacie. Le fait de passer au parcours universitaire permet d’accéder à d’autres parcours grâce aux ECTS qui sont transformables. C’est un beau diplôme qui peut donner lieu à de belles choses en termes de poursuite.

Comment cela s’organise-t-il au CFPP de Paris ?

Actuellement, nous avons nos DEUST première année qui terminent leur première session de partiels.

On commence à recruter pour la deuxième session. Aujourd’hui, un lycéen qui souhaite s’inscrire au DEUST doit passer par parcoursup parce que ce sont des études supérieures. Cependant, il est toujours possible de s’inscrire auprès du CFPP directement pour les personnes en reconversion professionnelle par exemple.

Combien avez-vous d’étudiants en ce moment au CFPP ?

Globalement, on essaye de faire des groupes de 30, ce qui correspond à la taille d’une classe. On a inscrit 500 alternants en première année dans notre établissement.

Est-ce que tu as quelque chose à ajouter que j’aurais oublié ?

J’ai plutôt un message à faire passer à l’ensemble des préparateurs titulaires du BP qui ont le sentiment d’être lésés par cette réforme.

Ne soyez pas inquiet, vous êtes préparateur en pharmacie avant tout, vous n’avez plus à faire vos preuves. La revalorisation en DEUST sera accessible pour vous mais il faut laisser le temps que tout se mette en place. Nous vous communiquerons les informations en temps et en heure.

Et si vous hésitez encore à vous lancer dans la formation de préparateur en pharmacie, nous organisons une journée portes ouvertes au CFPP le 5 février.

Merci, Christophe Magnoux pour cet échange enrichissant.

Découvrez nos offres d’emploi pour préparateurs et préparatrices en pharmacie !