Quel est le rôle du CNP PPO dans l'évolution du métier de préparateur en pharmacie ?
Le métier de préparateur en pharmacie est en pleine mutation. Entre l'élargissement des missions à l'officine (vaccination, dépistage) et les discussions autour de la création d'une licence dédiée, les professionnels font face à de nouvelles perspectives.
Au cœur de ces transformations se trouve le CNP PPO (Conseil National Professionnel des Préparateurs en Pharmacie d'Officine). Quel est exactement son rôle dans l'accompagnement et la reconnaissance du métier ? Pour le comprendre, nous avons interviewé Elodie Martin, préparatrice en pharmacie et porte-parole du CNP PPO. À travers cet échange, découvrez les missions de l'association, ses grands projets en cours et les futurs enjeux de la formation continue.
Pouvez-vous vous présenter ?
Je suis préparatrice en pharmacie depuis 9 ans et je suis membre du CNP PPO depuis 2 ans.
Qu'est-ce que le CNP PPO ?
La CNP PPO est le Conseil national professionnel des préparateurs en pharmacie d'officine.
Un conseil national professionnel, c'est en fait quelque chose qui rassemble l'ensemble des professionnels de santé d'une même spécialité.
Quelles sont les missions de la CNP PPO ?
Les missions de l'association, est d'être l'interlocuteur privilégié du ministère de la santé, c'est également la formation en continu des professionnels. Notamment en proposant des orientations prioritaires pour le DPC (formation en continue), en proposant aussi des candidatures pour les CSI, les conseils scientifiques indépendants.
Quel est votre rôle au sein de la CNP PPO ?
Mon rôle principale est d'être le porte-parole. Et au-delà de ça, je travaille aussi dans divers groupes de travail.
Quels sont les projets actuels de la CNP PPO ?
les différents projets :
Les EPP : Les EPP correspondent à la méthodologie d'évaluation des pratiques professionnelles. Ce sont les fameuses EPP (Évaluation des Pratiques Professionnelles) qu'il peut y avoir dans le DPC (formation continue) et qui sont un peu sous-développées par les organismes de formation. Celles-ci ne sont pas forcément faciles à mettre en place à l'officine, donc nous essayons de travailler sur ce qui pourrait être fait.
Le DPC : Le deuxième groupe de travail concerne les attentes en matière de DPC (formation en continue). Nous avons donc fait une enquête auprès des préparateurs en pharmacie pour connaître leurs souhaits de formation. Nous partons de cette enquête pour développer des orientations prioritaires pour les prochaines années.
Le référentiel métier : Le troisième groupe de travail se penche sur la définition d'un référentiel métier du préparateur en pharmacie.
La cartographie du DPC : Le quatrième groupe de travail porte sur la cartographie de l'offre de formation DPC. L'idée est de faire une carte de France où un préparateur lillois pourrait cliquer sur Lille pour voir quelles formations s'offrent à lui, afin que ce soit plus facilitant.
Le guide d'aide à la décision : Le dernier groupe de travail concerne le guide d’aide à la décision pour la reconnaissance des qualifications professionnelles. Il a pour but d'aider à la prise de décision lorsqu'il y a, par exemple, un préparateur qui a passé son diplôme ailleurs dans l'Union européenne, comme en Belgique ou en Allemagne. Cela permet d'avoir un référentiel pour pointer les compétences attendues et les compétences acquises, que ce soit au cours de sa formation ou de son parcours professionnel. Cela permet de valider ou non l'équivalence du diplôme.
Maïa Hily : Dans ce cas-là, vous les redirigez vers les formations qu'ils peuvent suivre pour acquérir les compétences manquantes ?
Nous ne redirigeons personne, parce que ce n'est pas nous qui gérons cela. Néanmoins, nous sommes en train de travailler pour proposer aux personnes en charge de faire cette validation un guide d'aide à la décision. Cela leur permettrait d'avoir de la matière, car ils n'ont pas de base de travail.
Avez-vous d’autres travaux en cours?
Les autres travaux sur lesquels on est, c'est la licence et les nouvelles missions. Au-delà du fait qu'on a été reçu en janvier par monsieur Chalier au ministère de la santé.
Quel a été l'issue de votre intervention au ministère de la santé, concernant la création éventuelle d’une licence dédiée aux préparateurs en pharmacie et l’ouverture de nouvelles missions ?
La porte est ouverte, le ministère n'est pas fermé à la création d'une licence. Après, il y a du travail à faire en amont de la création et c'est notamment pour ça qu'on a été invités là par la CPNEFP (Commission paritaire nationale emploi et formation professionnelle). Ce sont eux qui vont être en charge de créer le référentiel métier pour une éventuelle licence en partenariat avec la conférence des doyens. C'est pourquoi ils nous ont invités à participer à ces travaux durant leur commission. »
Maïa Hily: D'accord. Pour le moment, vous en avez parlé mais il y a pas encore quelque chose de concret?
Pour l'instant, c'est en cours mais il y a rien d'acté ni pour une rentrée prochaine. Il n'y a pas de date mais en tout cas on travaille dessus pour pouvoir proposer quelque chose de qualité. L'objectif est à terme que le projet soit validé par les autorités compétentes.
Quel serait l’intérêt de créer une licence pour devenir préparateur en pharmacie?
L'intérêt de créer une licence pour devenir préparateur téchnicien en pharmacie serait d'obtenir plus de reconnaissance et d'être mieux rémunéré. La licence contiendrait au sein de sa formation l’apprentissage des nouvelles missions (vaccinations, TROD...). L'apprentissage de celles-ci devient indispensable.
Comment le CNP PPO accompagne t-il les acteurs de l’officine pour intégrer les nouvelles missions ? (vaccination, dépistage…)
Par exemple, sur la vaccination, quand le DP est sorti, les organismes de formation ont créé des formations qui ne validaient pas le DPC et le CNP a pu intervenir pour qu'elles soient DPC validantes. Quand un préparateur se forme à la vaccination, cela valide en même temps une obligation de DPC. Donc, si les autres missions voient le jour, ce sera certainement aussi par ce biais que cela aura lieu. Ce sera notre rôle de faire valider ces formations dans le parcours DPC
Quelles sont les différentes formations proposées aux préparateurs en pharmacie ?
Les préparateurs ont pas mal de choix avec différentes formations qui s'offrent à eux. En plus de tout ce qui est DPC, il y a notamment trois CQP qui peuvent se faire sur une année et qui sont intéressants. Les 3 CQP sont l'herboristerie, la dermocosmétique et le MAD. Il y a aussi plusieurs DU qui sont accessibles aux préparateurs en pharmacie et ce n'est pas forcément connu de tous les préparateurs. De même les préparateurs qui ont le BP peuvent aller dans certaines universités qui proposent la VAE pour obtenir le DEUST. Et ça aussi les préparateurs ne le savent pas forcément. Un de nos travaux en cours est d'essayer de faire un état des lieux de quelles universités proposent la VAE aux préparateurs.
Maia Hily: D'accord. Et vous vous y prenez comment pour faire un état des lieux ?
Nous avons posé la question à la conférence des doyens. On attend leur retour sur ce sujet. Une fois qu'on l'aura, nous le communiquerons, surtout via notre LinkedIn. Donc que les préparateurs n'hésitent pas s'ils veulent suivre nos actualités. Il y a soit le site internet du CNPPO, soit notre LinkedIn directement.
Retrouver le CNP PPO sur Linkedin.
Interview de Elodie Martin, porte parole de la CNP PPO.

Commentaires (0)
L'espace commentaire est temporairement désactivé.