Les études en pharmacie, réformes, avenir et position de l’ANEPF

Nous entamons une série de live avec l’ANEPF, Association Nationale des Étudiants en Pharmacie de France.

Pour ce premier live, nous avons le plaisir de recevoir :

  • Maxime Delannoy, président de l’association
  • Adrien Caron, Vice-président enseignement supérieur
  • Romain Gallerand, porte-parole de l’ANEPF.

 

Nous aborderons le sujet “chaud” du moment au niveau des études de pharmacies.

En effet, il manque 1 100 étudiants en deuxième année de pharmacie sur les bancs des facs de pharmacie françaises.

Ci-dessous la retranscription de ce live 🙂

 

Quel est le rôle de l’ANEPF ?

Maxime : On représente et fédère tous les étudiants en pharmacie de France.

Ça représente 24 facultés de pharmacie réparties dans toute la France. Le but de l’association, c’est de pouvoir les représenter auprès des syndicats et de leur faculté. On siège en conférences des doyens pour pouvoir les représenter, mais aussi auprès du Ministère pour pouvoir porter nos positions, faire changer les réformes.

À côté de ça, on propose des formations pour aider les associations locales au niveau des facs, mais aussi aux étudiants comme les mobilités internationales.

Sujet que l’on a eu un peu de mal à préserver : les voyages humanitaires ont été limités à cause de la pandémie, mais cela devrait reprendre cette année.

Pour résumer, notre rôle est centré sur les étudiants, mais consiste aussi à les représenter pour essayer de co-construire le futur du métier et la formation en général avec les professionnels, les étudiants, etc.

L’ANEPF fait le pont entre les étudiants, les professionnels déjà en place, les syndicats et toutes les instances.

Mon rôle en tant que président est assez large.

Je vais surtout coordonner tout ça. J’ai aussi un gros travail de représentation, sorte de vitrine de l’association. On a un bureau de 25 personnes donc c’est beaucoup de personnes à coordonner.

 

Romain : Je suis le porte-parole de l’ANEPF : je suis chargé de la presse, qu’elle soit généraliste ou plus spécialisée dans le milieu de la pharmacie. Je peux aussi rédiger des articles pour certains de leurs journaux, mais aussi écrire des communiqués de presse.

Je suis également responsable de la rédaction du journal de l’ANEPF.

Un journal qui sort tous les deux à trois mois, il y en a 5/an. À l’intérieur, on retrouve les actualités du réseau, nos actions et tout ce qui concerne la profession.

J’accompagne tous les vice-présidents du bureau dans les représentations et je suis en communication avec toutes les sociétés savantes et grandes instances.
 

Adrien : Je suis vice-président enseignement supérieur. Mon rôle est essentiellement de la représentation étudiante au niveau des études : discussions autour des réformes, la réforme de la PACES qu’il y a eu ou la réforme du troisième cycle qui est en cours.

J’aborde les thématiques sur tout ce qui est hôpital, universitaire, service sanitaire, recueillir l’avis des étudiants et la partager aux grandes instances comme la conférence des doyens, les ministères, etc.

 

Rentrons dans le vif du sujet…

Aujourd’hui, on a une difficulté, il y a 1100 étudiants qui ne sont pas inscrits en seconde année d’étude de pharmacie, sur les 24 facultés en France.
 

Retour en arrière : les différentes réformes des études en pharmacie

La voix historique : dès la première année, on choisissait le cursus vers lequel on souhaite s’orienter (pharmacie, médecine ou ailleurs). Et puis en 2010 - 2011, la PACES est arrivée puis 10 ans après, rentrée 2019, est arrivé la PASS LAS. 

 

Quel est votre regard par rapport à ces réformes ?

 

Adrien : En effet, il y a eu la PACES de 2010 jusqu’à 2020 puis elle a été remplacée par PASS LAS.

Avant 1971 il n’y avait pas de numérus, donc qui voulait aller en pharma pouvait y aller. Sauf que ça faisait beaucoup de monde.

Donc potentiellement, l’instauration d’un numérus pour éviter d’avoir trop de monde n’était pas mal.

De 1971 à 2010, on parlait de la PSEP 1.

Puis en 2010, c’est l’arrivée de la PACES. Cela signifie qu’il y a toujours le numérus clausus, mais avec des cours en commun entre médecine, maïeutique (sage-femme), kiné et odontologie (dentaire). 

En 2019, l’arrivée de PASS LAS remplace le numérus clausus par un numérus apertus et remplace la PACES par Parcours d’Accès Spécifique Santé et Licence Accès Santé.
 

Le numérus apertus c’est quoi ?

 

Adrien : Le numérus clausus était actualisé tous les ans pour déterminer le nombre de pharmaciens qu’il y aurait à la suite d’une année, pour chaque fac.

Le numérus apertus, c’est un objectif pluriannuel défini sur 5 ans. Il y a un nombre de places que les facs peuvent découper comme elles le souhaitent sur les cinq années.

Aujourd’hui pour les 5 prochaines années, il y a 17 000 futurs entrants en deuxième année de pharmacie à diviser sur les 24 facs et les 5 prochaines années.

Les numérus peuvent varier d’une année à l’autre et ils sont adaptables en fonction des besoins territoriaux.

 

Par contre, si je comprends bien, là c’est figé jusqu'en 2025 avec quelques adaptations annuelles, mais ça reste relativement figé 
 

Adrien : Sur le chiffre annuel que l’on a eu, on peut avoir une marge de plus ou moins 5 %. Mais oui, avec cette marge, le numérus est figé pour les 3 prochaines années à venir et les 2 qui viennent de passer.

 

Avez-vous des explications sur ces 1100 étudiants manquants ?

Du côté de Team Officine, après avoir creusé le sujet, nous pensons à plusieurs explication : 

  • le côté obscur du système PASS LAS, 
  • plus de redoublement possible, 
  • médecine privilégiée plutôt que pharmacie.

 

Maxime : ce que tu dis est vrai. La filière médecine a toujours été très attractive à côté de la pharmacie. Cette dernière est peu connue et peu démocratisée auprès des étudiants.

Nous avons un gros travail de promotion des études de pharmacie à faire. Cela passe par les salons, des interventions dans les lycées voire même les collèges, mais il est difficile de tous les couvrir.

En effet, le côté très obscur de la PASS qui est très mal expliqué peut poser problème. À Angers, qui était la ville test, ils n’ont pas eu de problème de place vacante, car tout était très bien expliqué.

Mais dans les autres facs, certains doyens ne saisissaient pas tout de la réforme ou n’étaient pas forcément d’accord. Ils n’ont pas fait de communication sur la possibilité des licences accès santé, très peu d’étudiants sont donc passés par les LAS.

En PASS on continue à remplir les amphis. Peut-être que comme c’est nouveau, ça se développera plus tard. Mais pour cela, il faut une meilleure communication.

Il y aura un gros enjeu dès l’ouverture de parcours sup pour faire connaître les LAS aux bacheliers et leur faire comprendre qu’ils peuvent passer par là.

 

Pour bien resituer, aujourd’hui, la PASS, c’est : 

je suis lycéen, je veux faire pharmacie, je vais faire la PASS, mais je ne peux pas redoubler.

Sinon il y a les LAS. Où je ne choisis pas une majeure santé, ça peut être droit, histoire/géo, art du spectacle par exemple, mais avec une mineure qui correspond aux études de santé. Et cette mineure me permettra d’accéder aux études pharma.

 

C’est ça en effet. C’est déjà démocratisé en Angleterre et ça fonctionne, donc à voir avec le temps…

 

Quelle est votre position à l’ANEPF par rapport à ces réformes ?

Adrien : Dans tous les cas, il fallait réformer la PACES. Beaucoup d’étudiants tentaient le concours deux fois et se retrouvaient sans rien ensuite.

L’avantage du système actuel c’est que même si on rate en PASS, on ne peut pas redoubler certes, mais on pourra retenter en LAS. Donc si on n’arrive pas à passer en 2e année, on aura toujours un bagage à côté alors qu’en PACES on se retrouvait sans rien.

La principale raison de la réforme de la PACES était surtout l’aspect santé mentale. Beaucoup d’étudiants n’allaient pas bien du tout. Il fallait agir à ce niveau-là.

 

C’est-à-dire ?
 

On parle de problèmes au niveau de la santé mentale, car c’était une année très complexe : les étudiants avaient la tête dans les cours à longueur de journée (pour certains, c’était 6 h - minuit) donc beaucoup de problèmes de santé mentale.

Le but de la réforme était d’améliorer ce point-là. Et d’aider aussi les parents que l’on oublie souvent, car ils sont tout aussi inquiets que les enfants.

 

Maxime : C’est vrai que l’on se rend compte de ce point en salon d’orientation par exemple. Les parents ont du mal à comprendre comment leur enfant va passer en deuxième année. Avec les différentes voies du PASS LAS, ça rend les choses très compliquées.

De base, il y avait cette volonté de supprimer le concours pour améliorer la santé mentale des étudiants.

Mais au final, les enseignements eux n’ont pas forcément été adaptés et la charge de travail reste importante. Il est important aujourd’hui, de les adapter pour avoir une première année non destructrice pour la santé mentale des étudiants, mais aussi plus accessible que ça l’est.

À ce jour, trop peu d’étudiants passent en deuxième année. 1⁄3 de place vacante, c’est dans 6 ans, 1⁄3 de pharmacien en moins qui sortiront diplômés. Il faut réagir maintenant, on ne peut pas voir autant d’années avec des places vacantes, car sinon il y aura un manque de professionnels de santé important.

 

J’ai vu qu’il existait un Collectif National PASS LAS et dans les communiqués/articles de presse, j’ai pu lire qu’il y avait certains cas d’étudiants avec des situations assez aberrantes.

Par exemple, des étudiants qui avaient de très bonnes notes au cours de l’année et qui se sont pris une douche froide au moment de l’oral qui a une place prépondérante dans la note finale. Ils n’ont donc pas pu passer en seconde année, ce qui semble un peu inadapté par rapport à leur année.

 

Adrien : C’est vrai que dans la réforme, l’oral peut poser problème. Aussi, on a une mauvaise harmonisation de la réforme dans certaines facultés donc l’oral peu en effet poser des difficultés.

Cependant, une des revendications du Collectif National PASS LAS, c’est de supprimer la réforme. Et ça, ce n’est pas une option possible, ni viable. On ne pouvait pas rester avec la PACES. Aujourd’hui, on a aussi des problèmes avec la nouvelle réforme, on ne va pas le nier, mais la supprimer c’est impossible. On a toujours besoin d’une sélection, d’une formation pour nos étudiants.

 

Pour résumer votre position est donc de continuer avec la réforme actuelle, mais il faut l’améliorer, l’éclaircir, car elle est à ce jour un peu complexe. Il est aussi indispensable de communiquer auprès des lycéens sur la filière pharmacie qui n’est pas très connue.


 

Comment voyez-vous les études en pharmacie aujourd’hui ?

Chez Team officine, on s’est aperçu qu’il y a eu un intérêt important pour la filière industrie pendant des années et depuis le covid, on observe un nouvel élan d’intérêt pour la filière officine.

Peut-être parce qu’on en a plus parlé, avec l’aspect professionnel de santé qui a été mis en avant avec la crise et qui a beaucoup œuvré.

 

Quelle est votre vision ?

Romain : Dans certaines facs, il y a plus d’intérêt pour certaines filières comme l’industrie, mais ça, c’est dû à un manque de visibilité. C’est une action qu’il faut mettre en place auprès des lycéens. On le ressent sur les salons, car quand on leur demande comment il voit le métier de pharmacien, les futurs étudiants nous répondent  ”comme un vendeur de boîtes”. 

Ce qui est assez erroné, car c’est seulement une mission de l’officinal.

Ensuite, on doit leur expliquer les autres filières donc là-dessus, il y a un vrai problème de méconnaissance du métier

Après, on niveau des facultés, c’est très fac dépendant pour le choix des filières. Ça dépend des alentours, s’il y a beaucoup de laboratoires pharmaceutiques ou pas.

 

De votre côté, ressentez-vous ce regain vers la filière officine ou pas ?

Maxime : La filière officine, c’est très mitigé, très fac dépendant.

Mais ça plaît, car il y a de plus en plus de missions, elle évolue beaucoup et est de plus en plus complète.

Aujourd’hui, on remarque qu’un jeune ne veut pas faire le même métier toute sa vie et souhaite avoir une forme de liberté.

Donc c’est peut-être l’aspect du métier qui attire le moins. Mais il attire quand même parce que c’est une routine plutôt stable, c’est la filière principale.

Un lycéen n’imagine même pas qu’on peut aller à l’hôpital ou en industrie. La filière officinale, c’est la vitrine du métier.

Il y a aussi peut-être une crainte avec les déserts médicaux qui sont importants. Les pharmacies sont aussi impactées..

Le maillage devient fragile, et ce n’est pas forcément attirant.

La population est très vieillissante en officine, les jeunes restent plutôt pharmaciens adjoints. C’est aussi de plus en plus compliqué de devenir titulaire, car les apports financiers sont difficiles à obtenir. Il y a beaucoup de choses qui font que l’officine devient un choix compliqué, mais je ne pense pas qu’elle perde son attractivité. 

 

La pharmacie vit, comme d’autres secteurs d’activité, une évolution de société, de comportements, de relation vis-à-vis du travail. En effet, la génération de nos parents travaillait toute leur vie au sein d’une même entreprise, mais aujourd’hui, il y a des envies et des évolutions de carrières qui font qu’on est amené à changer.
 

En effet, et l’industrie l’a bien compris. Elle se développe beaucoup et donc recrute énormément avec des offres et des salaires alléchants. C’est l’une des raisons qui fait qu’elle est très attractive.

 

Des étudiants choisissent filière industrie, car ils ont plus de choix, d’opportunités, de métier différent, d’évolution possible, mais certains gardent dans un coin de leur tête le souhait de retourner en officine plus tard. 
 

Adrien : En fait, après une filière industrie, les étudiants y restent souvent toute leur carrière. Le pharmacien commence à la conception de la molécule jusqu’à la mise sur le marché, dans le réglementaire, etc. Il y a un panel de métiers très importants et des évolutions possibles qui se font sur toute la carrière d’un pharmacien.

Parfois des retours en officine se font, d’autant plus qu’aujourd’hui, le métier de l’officine ne fait qu’évoluer et ses missions se développent.

 

C’est un sujet que vous portez au niveau de l’ANEPF ? Quelle est votre position sur la nouvelle convention, les missions du pharmacien ?
 

Maxime : Par rapport à la convention, on a été pas mal consultés l’année dernière. Ça va dans le bon sens pour nous, car il y a plus de thématique d’écologie, d’éthique, choses que l’on a toujours prêchées pour la profession.

Ensuite, l’ouverture à toutes les nouvelles missions que peut avoir un pharmacien, c’est ce que l’on demande aussi. Un pharmacien qui refuse de le faire pourra toujours continuer son exercice. Ça permet une diversité du métier qui ne va que renforcer son attractivité.

 

Projetons-nous un peu plus loin…
 

Comment envisagez-vous l’évolution de la profession de pharmacien officinal ?

Romain : Pour nous, en tant que futur professionnel, on va privilégier l'interprofessionnalité qui aujourd’hui à une place indispensable.

Ça permet de mettre, aussi, le pharmacien au centre du parcours de soin du patient.

Mais aussi en développant le numérique en santé. Dans les années à venir ça va encore plus se développer et nous on veut vraiment être impliqué dans cette démarche.

Dans le bureau, chacun est responsable d’un pôle d’activité.

Pour reprendre le numérique, on a une personne responsable du numérique en santé et elle est très souvent en contact avec les ministères et délégations ministérielles du numérique en santé. Avec pour but de faire évoluer les choses dans le sens des étudiants en pharmacie.

 

Maxime : Et pour compléter là-dessus, on va vraiment tenter d’avoir un maximum de prévention, de santé publique dans nos officines.

En effet, il y a beaucoup de choses que l’on peut améliorer en officine. C’est un lieu qui est tout le temps ouvert et le pharmacien est un professionnel de santé disponible et accessible sans rendez-vous. Mais pour ça, on doit ajouter plus de prévention, un accès aux soins plus simplifié. Aujourd’hui, il existe le SAS, le Service d’Accès au Soin, mais il n’a pas été ajouté pour les pharmaciens. Il existe pour les infirmiers par exemple. Mais un pharmacien pourrait, aussi, orienter un patient vers un professionnel de santé sans qu’il passe par son généraliste.

Pour ça, on doit avoir des études plus adaptées et c’est très long à arriver. 

C’est pareil pour l’écologie/la transition écologique. On n’en a pas encore.

Les sciences sociales aussi, ça serait génial d’avoir ça dans nos études. On parle tous les jours à des patients, mais on n’apprend pas à parler avec eux, à les gérer. On a un côté très proche du patient, mais on ne nous l’apprend pas.

 

Est-ce qu’au niveau des études en santé, il y a des choses qui se mettent en place sur le côté interprofessionnel ?

Romain : pour l’instant, la seule chose que l’on a, c’est le service sanitaire. Il nous permet de travailler en relation avec d’autres étudiants de santé : médecine, sage-femme, kiné, etc.

On a une thématique à aborder dans certains groupes scolaires (de la maternelle au supérieur). Ça nous permet de mettre un premier pied dans l'interprofession.

Mais d’autres choses sont prévues.
 

Adrien : en effet, on sait que dans certaines facs des choses sont déjà mises en place : TP avec étudiants en médecine ou maïeutique, mise en situation avec un étudiant en médecine qui fait une prescription dans une officine expérimentale avec un étudiant en pharma qui fait la dispensation, le conseil, etc. Donc on cohabite, on travaille ensemble.

En termes d’études à proprement parler, il y a une réforme du 3e cycle qui est en cours et qui nous ferait passer sur une évaluation par approche de compétences plutôt que de savoir. Car c’est bien de savoir des choses, mais c’est mieux de savoir les mettre en application. Et évaluer un futur pharmacien sur ça semble indispensable aujourd’hui.

 

Est-ce que vous avez des choses à rajouter ?

Maxime : On va continuer de pousser pour avoir une réforme d’entrée en étude bien appliquée et qu’il ny ait pas autant de places vacantes.

On va continuer à se battre pour la réforme du 3e cycle. 
 

La réforme du 3e cycle ? 

Adrien : Le premier cycle correspond au PASS LAS, première année, deuxième année, troisième année.

Le deuxième cycle c’est la quatrième année et cinquième année.

Et le troisième cycle c’est la 6e année et toutes celles qui peuvent suivre, comme l’internat pour la filière hospitalière et bio.

Le but serait de réformer la sixième année pour valoriser l’évaluation par l’approche de compétences et former aux nouvelles missions en pharmacie. En officine et industrie, c’est la sixième année qui sera totalement réformée.

C’est un chantier en cours depuis 6 ans.

 

Pour Team Officine, sur le point humain, il y a des choses à améliorer dans les études en pharmacie, au-delà du côté patientèle, il y a aussi la communication, le management de son équipe à intégrer dans le cursus. 

 

Maxime : On pousse aussi dans ce sens. En effet, on a très peu de cours d’économie, de gestion, de management. En plus, c’est souvent des professeurs en santé qui nous font ces cours et ça serait peut-être plus adapté si c’était des profs qui viennent du milieu informatique pour nous parler du numérique par exemple. 

 

Adrien : Aujourd’hui, on est majoritairement formé soit par des biologistes soit par des pharmaciens hospitaliers, parce que le statut de professeur universitaire est surtout axé sur les praticiens hospitaliers.

On aurait, avec la réforme du 3e cycle, peut-être une adaptation avec l’ouverture de la recherche en officine et qui dit recherche, dit plus tard avoir des professeurs qui sont pharmaciens d’officine, ce qui serait plus logique.

 

Peut-être que d’avoir des intervenants qui ne sont ni professionnels de santé ni pharmaciens permettrait une ouverture d’esprit différente, car les étudiants en santé sont souvent à part et entre eux. Les facs sont proches des CHU et pas forcément en lien avec les autres campus universitaires par exemple.

 

Questions/Réponses

Répondons à quelques questions…

Qu’en est-il de la passerelle préparateur en pharmacie — pharmacien ?

Adrien : la passerelle est possible aujourd’hui, et il y a des chances qu’elle augmente un peu. Mais on a besoin de préparateurs aujourd’hui et demain. Donc elle ne sera pas non plus trop extensible. Ce n’est pas le but de vider les promos de préparateurs.


 

Qu’est-ce qui va vraiment changer avec la réforme du 3e cycle ?

Adrien : Au niveau changement, c’est majoritairement concentré sur l’officine.

Pour ce qui est de la biologie médicale, c’est celle que l’on connaît depuis 5 - 6 ans, car elle a été réformée en même temps que le 3e cycle de médecine.

Pour la pharmacie hospitalière, il y aura peu de changement, si ce n’est un changement de statut pour la dernière année d’internat, pour permettre plus d’autonomie.

En industrie, il y aura peu de changement aussi.

Pour l’officine, le stage passe de 6 mois à 9 mois, et il y a aussi une évolution salariale qui passera de 500 €/mois actuellement à 1 200 €/mois après la réforme. Il pourrait aussi y avoir des aides sur le logement et les transports.

 

Les pharmaciens biologistes et hospitaliers pourront-ils se reconvertir en pharmaciens d’officine ?

Adrien : Si je ne dis pas de bêtises, il me semble que c’est déjà possible.

Passer de toutes les filières à officine c’est possible, l’inverse non.

Il suffira de faire la remise à niveau de l’officine. Il existe un diplôme universitaire de remise à niveau avec des stages pour valider tout ça.

 

Quelles sont les différentes voies pour accéder aux études de pharmacies à partir d’un autre diplôme ?

Maxime : Ce n’est pas forcément une passerelle, au sens propre du terme.

Mais c’est en passant par les Licences Accès Santé. Cela consiste à faire une majeure avec une voie universitaire autre que santé. Ça peut-être science, biologie, un peu tout ce qu’on veut. Mais avec une mineure santé pour ensuite passer en deuxième année de filière santé. 
 

Et pour les étudiants en master ou doctorat ?

Si ça touche à la santé pourquoi pas, mais c’est très compliqué et très fac dépendant. Il faudra voir avec le doyen directement.

 

Est-ce que les études de pharmacies sont amenées à être allongées pour diminuer les charges de travail ?

Maxime : De notre côté, on est drastiquement opposé à l’allongement de nos études.

Selon nous, le problème ce n’est pas de rajouter une année pour les décharger. C’est simplement qu’aujourd’hui, nos enseignements ne sont plus adaptés et il faut les revoir pour passer à une évaluation non plus par connaissance, mais par compétences et avoir des enseignements plus triés. Actuellement on a des enseignements qui ne sont plus adaptés à la pratique officinale.

Aujourd’hui, on fait beaucoup de préparation officinale, de mycologie et botanique, mais ça pourrait être un DU, une option, etc.

Ce genre d’enseignement n’est plus nécessaire aujourd’hui.
 

Concernant le stage de 6e année, pourrons-nous le fractionner en 3 fois ? 

Adrien : Le fractionnement sera possible oui, mais uniquement une fois. Il faut faire 3 mois minimum dans une officine et l’autre partie du stage dans une autre officine. Donc seulement deux officines possibles

Après, la répartition peut se faire comme vous le souhaitez : ça peut-être 4 mois et 5 mois, 6 mois et 3 mois, etc. 

Par contre, faire le stage de 6e année au Canada (à l’étranger) semble assez compliqué.
 

Ne pensez-vous pas que le niveau de salaire relativement bas en officine est un motif de désintérêt pour les étudiants ?

Maxime : On l’entend beaucoup dans le sens ou l’industrie vend des salaires plus élevés que l’officine.

En effet, ça peut jouer.

D’autant plus que les profils en étude de pharmacie se diversifient de plus en plus. Il n’y a pas que des élèves qui viennent de parents médecins, pharmaciens, etc. 

Peut-être que quelqu’un de boursier s’orienterait plus vers l’industrie pour avoir un salaire plus élevé.

Mais d’autres choses entrent en jeu : désert médical, désert pharmaceutique, etc.

 

La mise en place d’un internat sur un modèle de celui de médecine 2 ans au lieu de 6 mois est-il prévu ?

Adrien : Cela reviendrait à allonger les études de 6 ans à 7 ans. Donc non, ce n’est pas sur la table pour le moment.

 

Maxime : Aujourd’hui on prévoit d’allonger le stage de 6e année et avec la réforme du 3e cycle, on sera plus préparé à travailler en officine.

Les maîtres de stage vont devenir maître de stage universitaire et vont observer nos compétences officinales, donc notre stage en 6e année sera plus professionnalisant.
 

Prolonger le stage est-ce que ça veut dire diminution du nombre d’heures de cours à la fac ?

Maxime : Oui, ça baisserait le nombre d’heures à la faculté et c’est pour ça qu’on basculerait sur une évaluation des compétences plutôt que des connaissances. On les développerait en stage et elles seraient évaluées à ce moment-là. On aura quand même des cours à la fac, mais moins qu’aujourd’hui.

 

 

N’hésitez pas à nous poser toutes vos questions à l’ANEPF via leur site internet : https://anepf.org/

 

Nous arrivons au bout de ce premier sujet avec l’ANEPF, merci à tous les 3 et on se retrouve très vite !

 

Vous pouvez visionner le replay sur la chaîne YouTube Team Officine, recrutement en pharmacie.


 

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